Yannick Jaulin
Difficile de parler de la démarche artistique de Yannick Jaulin sans évoquer d’abord l’homme sur scène. L’homme de scène. Car c’est sur les planches – celles, auréolées de gloire des Bouffes du Nord ou du théâtre de Chaillot (et bientôt du Théâtre du Rond Point), mais aussi celles plus obscures des petites salles de la « France profonde » – que Yannick Jaulin se donne pleinement. Il y est tout entier, généreux et exigeant, à la fois drôle et torturé. Travaillé par sa langue natale, le parlhange, patois de la Vendée d’où il est issu, Yannick Jaulin questionne son humanité: ses racines, ses doutes, ses peurs. Autant d’interrogations qui sont aussi les nôtres et qui nous touchent, nous spectateurs de l’ombre. Pour Yannick Jaulin, « la scène est l’endroit où je suis à ma vraie place ». Et c’est vrai que depuis J’ai pas fermé l’œil de la nuit, créé en 2000 et Menteur, né trois ans plus tard, le petit belou timide du fond de la Vendée qu’il fut naguère a su s’imposer sur la scène théâtrale française. Son parcours atypique – l’homme s’est construit son propre chemin jusqu’à la scène – se double d’une démarche originale. Acteur protéiforme, Yannick Jaulin est sans cesse en train d’explorer de nouvelles formes artistiques et théâtrales. « Loin des formes traditionnelles et pourtant obsédé par la réécriture des mythes, des contes et leur replacement dans nos quotidiens, je cherche un lieu commun pour trouver un possible frémissement collectif. J’aimerais me définir comme faisant un théâtre de l’humanité. » |
Sur les scènesdu Rond-Point en 2010-2011 |