Étienne Dumont

Etienne Dumont© Francis Trauni ©Francis Trauni

Je suis né. Il faut bien un début à tout. C’était en 1948 à Neuchâtel, où venait de mourir mon grand-père. L’homme d’affaires de la famille trouvait que j’avais une tête de Conseiller fédéral, ce qui signifiait que je deviendrais un jour, par rotation, président de la République. Il se trompait lourdement. Mais le cher homme n’avait pas non plus deviné que son propre fils deviendrait un escroc dont parlerait  tout le pays.
 J’ai fait mes humanités à Genève. Issu d’une famille très bourgeoise, père historien, mère chimiste, je m’apprêtais alors à devenir notaire. D’où le grec et le latin, dans ce qui ne pouvait être que le Collège Calvin. Puis j’ai fait du droit. «Tâté du droit  me semblerait plus juste. N’empêche que j’ai obtenu là une licence qui ne m’a jamais servi. C’était (déjà!) la crise, celle de 1973.
 Je suis donc entré dans un journal à une époque, aujourd’hui préhistorique, où les ligne se coulaient en plomb. C’était «en attendant». En attendant quoi, je ne le sais plus, vu que j’attends toujours. Cela fait trente-six ans que je vogue d’une rubrique à l’autre, avec une préférence pour les sujets historiques et culturels. Ce me suis ainsi créé un fan-club de personnes âgées. C’est moins prestigieux que de s’attacher les jeunes. Mais sans doute plus sûr! La vieillesse reste la seule énergie réellement renouvelable. Tout le monde devient vieux un jour.
 Parler de ma vie privée n’intéresserait personne. Elle a pourtant tendance à devenir publique depuis quelques années. Il paraît que je suis, à tous les sens du terme, remarquable. Je suis en tout cas remarqué. Vous comprenez sans doute pourquoi.

Mis à jour le 28/06/2010

 

Sur les scènes
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Biographies
23/05/2012 à 13:49:40
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Allan Barte
Chroniqueur

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