Une femme à Berlin
© Stéphane Trapier
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Une femme à Berlin

basé sur Une femme à Berlin. Journal du 20 avril au 22 juin 1945, anonyme


mise en scène Tatiana Vialle avec Isabelle Carré, Swann Arlaud adaptation Tatiana Vialle traduction française Françoise Wuilmart
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durée 1h20

7 sept. - 10 oct., 21:00
salle Jean Tardieu

dimanche, 15:30
relâche les lundis et le 12 sept.


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Comme une poupée, insensible, traînée de gauche et de droite
Printemps 1945, dans les ruines de Berlin, les femmes deviennent la proie des soldats russes qui envahissent la ville. Une femme à Berlin est le journal de l’une d’entre elles. Publié en 1954 aux États-Unis, en langue anglaise, diffusé de l’Allemagne au Japon, de l’Espagne aux Pays-Bas, Une femme à Berlin relate sous la forme d’un récit autobiographique et anonyme le voyage en enfer d’une femme dans la guerre. « Je suis là, comme une poupée, insensible, traînée de gauche et de droite, une chose en bois. » D’abord victime, elle finit pour survivre par négocier avec l’ordure humaine. Elle se fait monstre pour supporter l’abomination. « J’éclate de rire au milieu de tous ces pleurs : eh bien quoi, je suis vivante non ? tout finit par s’oublier ! »
Isabelle Carré a travaillé au cinéma sous la direction d’Alain Resnais ou Zabou Breitman, au théâtre avec André Engel, Jorge Lavelli, Jean-Michel Ribes. Elle prête sa voix et son incandescence à une oeuvre aussi noire qu’essentielle. Pour Tatiana Vialle, qui dessine avec pudeur et gravité ce portrait intense, « le texte ne peut être interprété que par une actrice qui véhicule une immense force de vie et un humour salvateur ».
Directrice de casting, metteur en scène rare, elle dirigeait en 1996 Aurore Clément et Élisabeth Depardieu dans Les Eaux et Forêts de Marguerite Duras.
Aujourd’hui, elle organise un espace accidenté d’éléments simples, où la comédienne Isabelle Carré prend la voix et le corps d’une femme martyrisée par la guerre et ses bourreaux. « Cette voix nous parle de la condition des femmes pendant toutes les guerres, dit la metteur en scène : en Algérie, en Bosnie, en Tchétchénie, au Kurdistan, au Darfour, en Afghanistan, des milliers de femmes à travers le monde ont été et seront les victimes des guerres. » Le personnage d’Une femme à Berlin raconte et revit les sévices infligés au vaincu, dans le ressentiment et l’impunité de l’ennemi devenu prédateur souverain.

production Théâtre du Rond-Point / Le Rond-Point des tournées, coproduction Nouveau Théâtre d’Angers / CDN Pays de la Loire, ?en partenariat avec Scène Indépendante Contemporaine (SIC)
édition originale © Eichborn AG, Frankfort am Main, 2003 © 2002 Hannelore Marek, édition française Gallimard

France Culture Marianne Télérama