Shakespeare is dead, get over it !
© Stéphane Trapier
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spectacle en tournée

Shakespeare is dead, get over it !


de Paul Pourveur par collectif ildi!eldi mise en scène et jeu Sophie Cattani, Odja Llorca, Antoine Oppenheim, François Sabourin
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durée 1h15

7 juin - 2 juil., 20:30
salle Roland Topor

dimanche, 15:30
relâche les lundis et le 12 juin


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Vivez proprement, pensez au suivant
5 août. Déjà un malentendu : se sont-ils rencontrés lors de la projection du Mépris ou de Deux ou trois choses que je sais d’elle de Godard ? William et Anne débattent, se disputent et passent pour finir à côté de leur vie et du bonheur. Lui, antimondialiste farouche, vit avec son temps, il mène les combats d’usage et de rigueur. Elle, passionnée de Shakespeare, s’attarde dans les bibliothèques, elle respire mieux au xviie siècle. Enquête policière ou farce noire, avec projections, arrêts sur images, mixage des lieux et mélanges des temps Shakespeare is dead, get over it ! (littéralement : Shakespeare est mort, passe à autre chose !) s’impose comme un manifeste, un bijou d’intelligence et d’humour.
Les personnages ou figures cherchent partout et sans cesse leurs moments cosmiques, parce que « chacun y a droit. » Autour d’Anne et William, l’histoire et le monde changent, bougent, ainsi vont leurs sentiments, les doutes, le sexe. Le récit, étrange forme journalistique, foisonnant, pétillant, convoque Margaret Thatcher ou Naomie Klein, cet univers qui nous entoure, pollué de marques, de belles intentions et d’accidents de voitures. Défilent d’autres couples, avec leurs centres d’intérêt, leurs quotidiens, leurs peurs. Ils incarnent la science, la révolte, le cinéma, la littérature, l’amour, la jalousie, le mépris. Passent aussi les daims, cervidés les plus élégants d’Europe.
Après le succès de Vice-Versa d’après les délires du romancier anglais Will Self et de son Cock and Bull, et la création de L’Argent !? d’après Christophe Tarkos, le jeune collectif de comédiens Ildi!Eldi (Sophie Cattani, François Sabourin et Antoine Oppenheim) attaque la partition de Paul Pourveur, dramaturge et scénariste d’origine wallonne, auteur associé au Théâtre du Rideau de Bruxelles. Tous signent là un voyage lumineux et ludique parmi les angoisses générationnelles rassemblées par quelques « naufragés du monde occidental ».

producteur délégué Théâtre du Rond-Point / Le Rond-Point des tournées, coproduction Collectif ildi !eldi, la Comète – SN de Châlons-en-Champagne, avec le soutien du CENQUATRE

Les Inrocks

Saison 2010-2011
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La revue collaborative du Rond-Point
Il y a 11h
 

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
 
La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
   
Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
 
Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
 
Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
  
Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».


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